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DIFERENTES METHODES DE MARQUETERIE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 - Mosaïque, par André le Ster

2 - Scalpel, par Dominique Ciamaronne

4 – Boulle, par Bernard Rottenfus

3 - Fenêtre, par Cristina von Mohrenschield

6 – Conique, par Michel Robineau

5 – Superposition, par Patrick Brulé

8 – Technique Georges Vriz

7 – Elément par élément, par Carole Szwarc

9 – Frisage, par Pierre Gaboriaud

12 – Brunissage par A-F Chassin

11 – Bernard Lacombe

13 - Particules de bois par Raymond Trouvé

Pour réaliser de la marqueterie de bois, différentes méthodes sont possibles, selon plusieurs critères :

- on débute, et on dispose de peu de matériel, et / ou de peu de placage,
- on souhaite jouer sur la symétrie ou par échange de couleurs, d'essences,
- on préfère s'exprimer comme en peinture, et travailler en pas à pas, par touche successive,
- on veut réaliser un seul panneau, plusieurs identiques, ou semblables,
- on veut ajouter des effets particuliers, notamment de brume, de voile, de mélange, ou des dégradés, du volume ...

1 - la mosaïque demande un outillage succinct et peu de placage, où on colle le carré de placage, pièce par pièce, sur un dessin, réalisé sur le papier, ou directement sur le bois.

2 -le couteau, cutter, x-acto, scalpel, bistouri,... où une œuvre unique voit le jour, un placage est découpé à la fois ; la pose d'un papier collé ou collant est pratiquement indispensable ; restriction : il est très difficile d'utiliser des placages durs ou épais, en particulier obtenus pas sciage (1, 8, 10).

 

3 -la découpe "à la fenêtre", qui peut être utilisée au couteau, mais également à la scie : le principe est de démarrer son travail par un panneau de placage, clair de préférence, homogène et facile à découper. Le sycomore est parfait, surtout au couteau, mais l'avodiré, le merisier, le peuplier, le noyer, sont également utilisables, ou un placage qu'on souhaite en fond du travail ; le dessin est reporté sur la totalité du panneau, puis on enlève une "fenêtre" ; dessous, on positionne une autre essence, qu'on va ainsi découper et incruster dans notre "support" ; et ainsi de suite, les bois fragiles seront protégés également par du papier, avant découpage (8).

4 -la méthode dite "Boulle", de son créateur, qui utilisait un "paquet" de 2 ou 3 essences de bois, de métal, ou d'écaille. Cette technique demande une découpe simultanée du paquet, pré assemblé en "sandwich", pré percé à des endroits qui se voient le moins possible, et ne permet pas des pointes trop aiguës ; elle requiert là aussi un encollage préalable des bois fragiles ; cette méthode permet d'obtenir 2 ou 3 tableaux dont les couleurs sont inter changées, un seul étant l'élu de ses choix ! (Boulle l'appelait partye, par opposition à l'autre exemplaire appelé contre-partye). Il faut, pour cette technique et celles qui suivent, une scie, qu'elle soit manuelle, électrique, à pédale, issue du commerce ou fabriquée artisanalement. (2, 3, 4, 8, 10, 12)

 

5 - la superposition, technique voisine de la précédente, où certaines "touches" d'essences de placage sont nécessaires seulement au moment de la réalisation du paquet, mais qui permet un plus grand nombre de "mariages", comme en peinture, et où on obtient une seule oeuvre, découpée à la scie et en un seul « sandwich ». (3, 4, 5, 8, 10)

6 - la découpe conique, qui s'apparente encore davantage au travail du peintre, et dans laquelle, à chaque étape, on superpose une nouvelle essence au panneau principal ; la découpe se fait en "biseau" pour qu'au final, l'essence ajoutée (généralement dessous) s'incruste dans le panneau principal, de façon conique, et pour obtenir un ajustage parfait, cette méthode demande généralement un maintien de l'ensemble sur du papier, kraft de préférence. Les parties non utilisées, à savoir l’intérieur du fond, et l’extérieur de la pièce de rapport, sont jetés. Donc pièce unique. (2, 8, 10)

7 -la méthode dite "élément par élément", appelée aussi "par paquets séparés", est utilisée par les fabricants de meubles depuis plusieurs siècles, et demeure la méthode la plus utilisée, traditionnellement. Cette technique suppose une grande organisation préalable, un bon approvisionnement de placages identiques, une préparation des "paquets de placages" par 2, 4, 6, 8 feuilles ou plus, parfois un encollage préalable de papier pour les bois fragiles, cassants, les loupes ou les bois fibreux, qui sont découpés à contre sens du bois (exemple : le zébrano, le wenge, le palmier,…). Dans cette technique, on réalise plusieurs panneaux identiques, qu'il est possible d'assembler en symétrie pour le mobilier. Certaines parties, comme le fond, peuvent être d’essence différente dans un même paquet, afin de réaliser des panneaux différents. Pour de petites pièces, un petit "col de cygne" suffit à la scie, mais pour de grands travaux, un chevalet, une scie à grand plateau, ou réalisée spécialement est nécessaire. L'assemblage, appelé "incrustation", est généralement fait sur un kraft, à l'aide de colle chaude (d'os, de nerf,...) et dure plusieurs années, la marqueterie pouvant ainsi être utilisée beaucoup plus tard par l'ébéniste. (2, 6, 10)

8 - dans la technique qui porte son nom, G. Vriz utilise aussi la méthode précédente, mais y apporte une notion d'épaisseur du placage ; cet effet obtenu généralement à la ponceuse à bande permet d'ajouter un voile, une brume, des dégradés, une coloration de zones par pigmentation du second plan, ... Certains utilisent cette technique à part entière, par superposition de placages bien étudiés, pour obtenir des effets. (7, 10)

 

9 -le frisage bien connu, assemblage généralement géométrique, qui permet entre autres jeu d'échecs, damier, backgammon, de réaliser toute sorte de dessins par simple symétrie des veines des bois (dessus de tables), les placages vendus par paquets de 32 feuilles (multiple de 2, 4, 8, 16) s'y prêtent généralement bien, des croisements d’essences, des découpes radiales dites "en soleil", ...(2, 8)

10 – La découpe au laser utilise les technologies de production moderne et d’industrialisation à partir d’un dessin DAO ; les pièces sont découpées pièce par pièce de façon optimisée à l’aide d’un faisceau laser piloté par ordinateur, ce qui élimine pratiquement les difficultés liées à la scie classique, éclatement, fil du bois, épaisseur, dureté. Cette méthode permet également l’optimisation de la découpe (peu de chutes) et l’automatisation, mais ne remplace pas « l’œil de l’artiste » quant au choix de la texture et du sens du bois.

 

11 – Dans sa technique qu’il est sans doute le seul à utiliser, B. Lacombe sculpte le support préalablement, et y incruste des lames ou des pièces de placage. Le ponçage final donne un effet d’aquarelle par transparence des bordures. (11)

12 -Le brunissage est une option, rare en conique car difficulté d'assemblage, est fort utilisée dans le mobilier, pour les fleurons, bouquets, et peut également être un atout important pour la représentation de personnages, voiles de bateau... (2, 3, 4, 6, 8, 9, 10, 12)

13 – dans son livre, W-A Lincoln évoque la possibilité de broyer du placage (moulin à café !) pour réaliser de fines pièces de bois microscopiques, collées ensuite dans le travail, pour représenter des zones spécifiques, bouquets de fleurs, … (8)


Bernard Rottenfus

Sources :